Le tango ressemble vraiment au cinéma : technique, précision comme chez Hitchcock, certes sans le suspense… quoique du suspense dans le tango il peut y en avoir : « Acceptera-t-elle de danser avec moi » ou « Ah la la, j’espère qu’il va m’inviter… »

Mais aussi spontanéité et improvisation comme dans les films de Cassavetes lorsqu’il offre un rôle à Gena Rowlands son actrice, sa femme, sa muse.

Tango et cinéma c’est aussi une question de mise en scène, de préparation (dans la salle de bain ?), de répétition avec un directeur d’acteur ou tout simplement un professeur, un maître ! Faut bien se donner un rôle, faut bien se la jouer !

En même temps que sur l’écran l’histoire progresse, le spectateur ressent, vit, s’identifie (« te quiero, no te quiero »).

Et que fait-on d’autre dans le tango que prendre des risques : telle figure à placer, telle note à illustrer, et ces histoires qu’on se raconte, la séduction, le plaisir, l’érotisme. Un vrai film !

C’est pareil lorsqu’on vous demande quel est le film que vous préférez, parfois vous ne savez pas répondre parce que vous avez du mal à choisir, il y en a beaucoup et vous ne voulez pas en oublier. Eh bien pour les tangos, c’est la même hésitation, il y en a tellement que l’on aime, il y en a tellement qui donnent du sens à notre vie qu’on pourrait en citer 20, 30 ou 100 !

Chez certains d’entre nous d’ailleurs, il y a une véritable cinémathèque et chez d’autres une tangothèque incroyable, j’en connais même qui ont les deux !

Et si Samuel Fuller dans le film de JLG « Pierrot le Fou » s’exclame « Cinema is emotion », que nous disent-ils de différent Carlos Saura, Jana Bokova, Sally Potter ou encore D.M. Vignatti dans leurs réalisations même s’ils remplacent cinéma par tango : « Tango es emocion »…

En photo John Cassavetes and Gena Rowlands