Après « Nous avons été », message du début du mois, nous sommes allés à la rencontre de trois femmes (Lyon, Granville et Paris).

A., G. et S. ont fait le choix d’apprendre à guider ; nous leur avons posé trois questions.

1) Qu’est-ce qui vous a incitée, motivée à apprendre le guidage habituellement réservé à l’homme ?
A. »Un peu par hasard au départ, face au manque d’hommes aux cours de tango mais surtout pour l’attirance incontournable pour cette danse (sous tous ses angles), véritable passion qu’aucun homme (…) ne pourrait remplacer, passion qui ne peut trahir ; le tango sera toujours là, il est en nous dès lors qu’on l’a rencontré, inaltérable, permanent, irréversible, et renforcé au fur et à mesure qu’on le découvre un peu plus ! Mais peut-être les hommes ressentent-ils la même chose ?

La curiosité en même temps, l’intérêt pour cette danse amène forcément à se préoccuper de ce qu’est l’autre, de ce qu’il fait, ce qu’il ressent, donc de son rôle ; le tango argentin est avant tout une rencontre entre 2 personnes, cette démarche fait partie de la rencontre et de la découverte de l’autre, de l’intérieur. (bon peut-être y a-t-il un peu de tiers, avec la musique, ouf !).
Donc c’est tout naturellement que cette démarche vers la compréhension du guidage, du rôle, de l’homme, continue de me mobiliser. »

G. - « Envie d’apprendre «autre chose» et de progresser dans le rôle exigeant du guideur.
– Curiosité : qu’est-ce qui se trouve à l’origine du mouvement de la cavalière ?
– Plus de plaisir à danser : on s’amuse deux fois plus.
– Un peu de lassitude, parfois, d’attendre d’être invitée pour être quelquefois malmenée !!
– On parvient à se dédoubler et à connaître des sensations réservées d’ordinaire à la cavalière ou au cavalier. C’est enrichissant et intéressant ! »
S. « Pour moi le tango est une danse à deux qui suppose des rôles distincts : un rôle de guideur, un rôle de guidé (ou suiveur bien que ce terme ne m’emballe pas trop). Ces rôles sont traditionnellement attribués à un genre. Autrement dit, la fonction dans la danse résulte du culturel, il s’agit bien d’un rôle et non pas d’une donnée ontologique.
Comprendre
le rôle de l’autre peut aider à danser, mieux danser. Apprendre le rôle de l’autre fait pour moi partie de cette connaissance de la danse. Et en plus d’un point de vue strictement personnel, jouer avec la musique étant attribué au guideur, il est intéressant de connaître son rôle pour mieux comprendre ce qu’il suppose comme difficulté, «état d’être à l’autre», écoute… »
A suivre…
Photo du film « Frida Kahlo »